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Mise en place de l'occupation

Dès avant la stabilisation des fronts, les Allemands organisent l’occupation de la quasi-totalité du territoire national. Leur objectif est double. D’abord, il s’agit de maintenir l’ordre avec un minimum de cadre, car l’Allemagne ne peut ni se permettre de laisser trop d’hommes à l’arrière, ni voir apparaître des désordres dans les zones occupées. Ensuite, il importe d’utiliser les ressources économiques des territoires occupés au profit de l’Allemagne, à travers une politique d’annexion ou de vassalisation des territoires belges.

En pratique, les territoires occupés sont divisés en deux zones : celle des « étapes » et celle du gouvernement général. La première est directement contrôlée par les militaires : il s’agit des territoires proches des champs de bataille, soit la Flandre occidentale et une grande partie de la Flandre orientale, ainsi que le sud des provinces du Hainaut et du Luxembourg. Dans le reste des territoires occupés, une administration civile, dirigée par un gouverneur général, est installée à côté des autorités militaires. Dès le début, l’occupant essaye d’exploiter au maximum l’administration belge existante. Les autorités provinciales et communales, ainsi que la magistrature, restent en place et sont donc confrontées quotidiennement à l’envahisseur. Elles optent pour une politique de présence mâtinée de distance vis-à-vis de l’occupant. D’autant plus que le régime d’occupation est très dur : contrôles multiples, réglementations diverses, réquisitions, arrestations, déportations, etc. Les difficultés de circulation sont telles, que l’existence des Belges se replie au plan local.


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Défilé des cuirassiers de la garde impériale allemande devant le Palais royal de Bruxelles en août 1914 (Collection du Musée royal de l'Armée)