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Stabilisation du front sur l'Yser

Le complexe de la "Patte d'oie" à Nieuport

Début octobre, l’armée belge doit quitter in extremis la place fortifiée d’Anvers. Elle se retire sur l’Yser, aidée par l’arrivée de marines britanniques le 3 octobre, puis des Français. Du 10 au 16 octobre, de nombreuses réunions ont lieu entre le roi, l’état-major belge et le général français Pau, l’envoyé de Joffre auprès de l’armée belge. Après des discussions houleuses, il est décidé que les soldats belges ne participeront à aucune offensive mais devront tenir “jusqu’au bout” sur le front de l’Yser, comme le prescrit l’ordre du roi daté du 15 octobre. Les combats sont d’une extrême violence.

Le 22 octobre, les Allemands franchissent la boucle du Tervaete. Deux jours plus tard, les Belges se replient derrière la ligne de chemin de fer Nieuport-Dixmude. Le Général Jacques, défenseur de Dixmude s’illustre par son courage : blessé plusieurs fois, il refuse de se replier avant la fin de la bataille. Le 30 octobre, l’ennemi lance une grande offensive entre Nieuport et Lille. L’objectif est la maîtrise des ports de la Manche. Ils arrivent à conquérir Ramskappelle et Pervijze. Mais les inondations, déclenchées le 29 octobre, sous la direction de Karel Cogge employé de la Wateringe de Furnes et du batelier Hendrick Geeraert, rendent toute bataille impossible. Devant la montée des eaux, entre le 2 et le 4 novembre, les Allemands doivent se replier sur la rive droite de l’Yser. Dixmude et Nieuport restent aux mains de l’armée belge ; tandis que le saillant d’Ypres est défendu par les Britanniques.

Pour l’armée belge, la bataille de l’Yser est finie : la guerre de stabilisation commence. Désormais, jusqu’à l’automne 1918, le roi qui restera au front durant toute la guerre refusera de participer aux offensives alliées, inutiles à ses yeux. Résultat : le taux de mortalité dans l’armée belge est l’un des plus faible. D’ailleurs, le roi persistera toujours à ne considérer les alliés que comme ses garants. Le gouvernement belge, quant à lui, s’est réfugié au Havre. Contrairement au roi héroïsé, ce dernier sera méprisé par la population belge restée en pays occupé, tout comme le demi-million de Belges exilés à travers le monde.

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