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La ceinture fortifiée d'Anvers et le "réduit national"

Régie par un statut de neutralité imposé et garanti par les grandes puissances (France, Grande Bretagne, Russie, Autriche-Hongrie et Prusse) depuis son indépendance en 1830-1831, la Belgique a structuré son système de défense autour des forts de la Meuse (Liège et Namur) et du « réduit national » d’Anvers.

Celui-ci devait servir de refuge ultime au gouvernement et à l’armée en cas d’invasion ennemie et d’occupation du territoire, en attendant l’intervention des puissances garantes pour repousser l’adversaire et assurer l’indépendance du pays.

Pour permettre à la ville de tenir ce rôle, une première ceinture de huit forts est bâtie entre 1859 et 1864 sur les plans du futur Lieutenant-Général Brialmont, responsable également des défenses de Liège et Namur. Bien que modernisée à la fin du 19e siècle, cette enceinte initiale apparaît comme insuffisante et, en 1906, le gouvernement belge décide de la construction d’un ensemble de onze nouveaux forts, éloignés en moyenne de 9 km du centre-ville. Edifiés entre 1909 et 1913, ils souffrent des mêmes défauts que ceux de Liège et Namur : résistance insuffisante aux projectiles des canons les plus lourds mis en batterie par l’armée allemande et portée limitée des pièces d’artillerie dont ils sont dotés.

Après la chute de Liège, l’armée belge concentre ses efforts sur la défense de Namur et de la Gette, cette  position devant permettre de garantir le repli sur le réduit national. La pression allemande rend toutefois la résistance impossible et l’armée belge se retire sur Anvers à partir du 20 août. Elle y bénéficie d’un répit de courte durée, le gros de l’armée allemande étant engagée dans les opérations contre les Français et les Britanniques, et en profite pour tenter deux sorties destinées à soulager la pression pesant sur ces derniers.

Le coup d’arrêt de la bataille de la Marne modifie la donne, les Allemands pouvant distraire une partie de leurs forces pour s’attaquer aux défenses de la position belge. L’assaut débute le 28 septembre. Comme ce fut le cas à Liège et Namur, l’armée allemande fait usage de son artillerie de gros calibre pour réduire la résistance des forts avant de tenter de percer les défenses belges. Les dégâts sont considérables, notamment au fort de Wavre Sainte-Catherine.

La situation se dégrade rapidement et, pour éviter l’encerclement, l’armée belge évacue le réduit national à partir du 7 octobre pour faire retraite en direction du Westhoek. La ville d’Anvers tombe le 10 octobre.

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