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La bataille des frontières

Le Luxembourg

Cimetière franco-allemand de Malome à Neufchâteau

Fin août 1914, la province de Luxembourg est le théâtre d’affrontements acharnés entre troupes françaises et allemandes. La population civile paie un lourd tribut à ces combats du début du conflit.

Du côté français, à l’opposé du plan Schlieffen et de son mouvement tournant en Belgique, le « plan XVII » prévoit en cas de guerre avec l’Allemagne de lancer l’offensive principale vers la Lorraine allemande. Cette action doit s’accompagner sur le flanc nord par une avancée dans les Ardennes.

A la fin du mois d’août, deux armées françaises reçoivent pour mission de progresser en direction d’Arlon et de Neufchâteau pensant le secteur mal tenu par les Allemands alors que ceux-ci y ont déployé deux armées en préparation d’une prochaine offensive. Les combats sanglants du 22 août opposent des forces importantes sur une ligne de front allant d’Anloy et Neufchâteau au Nord jusqu’à Ethe, Virton et Baranzy à proximité de la frontière française. Ils s’achèveront avec la retraite des troupes françaises.

les Batailles de la Sambre et de Mons

Cimetière germano-britannique de Saint-Symphorien à Mons

Tandis que les Français tentent vainement de passer à l’offensive en Alsace Lorraine et dans les Ardennes, l’armée allemande a réduit d’abord la résistance de la Position Fortifiée de Liège pour ensuite effectuer comme prévu son mouvement tournant dans les vallées de la Sambre et de la Meuse entre Dinant et Charleroi et au nord du sillon Sambre et Meuse. Fin août, le centre des opérations sur le front de l’Ouest s’est déplacé vers un nouveau secteur : la frontière franco-belge. Cette « bataille des frontières » se déroule chez nous essentiellement dans les régions de Charleroi et de Mons ainsi que dans le Luxembourg.

Du 21 au 23 août, la 5e armée française, retranchée sur les hauteurs de la rive sud de la Sambre, tente de bloquer les troupes allemandes. Celles-ci franchissent toutefois l’obstacle dès le 21 et des combats acharnés se déroulent les 22 et 23 de Namur à Thuin. Le soir du 23 août, les troupes de la 5e armée française se voient menacées d’encerclement après la défaite dans les Ardennes et le franchissement de la Meuse par les Allemands à Dinant.
L’armée française entame le lendemain un mouvement de recul qui s’arrêtera 300 km plus au sud sur les bords de la Marne !

Les Anges de Mons (Marcel Gillis)

Autour de Mons, les unités du British Expeditionary Force prennent position sur la gauche de l’armée française et tentent de contenir la poussée allemande en se retranchant le 22 août le long du canal Mons-Condé. Bien que largement inférieurs en nombre, les Britanniques résistent aux attaques allemandes tout au long de la journée du 23 août, mais pour suivre le retrait des troupes françaises dans la région de Charleroi, ils se retirent en direction de Maubeuge et Valenciennes.

C’est lors de cette bataille de Mons que prend place l’épisode légendaire des «Anges de Mons». Dans la nuit du 23 au 24 août, vers minuit, des anges sous la forme d’archers seraient descendus du ciel pour arrêter les Allemands (d’autres versions parlent de trois anges planant au-dessus des lignes ennemies) et permettre la retraite des Britanniques ! Une œuvre du peintre montois Marcel Gillis, conservée au musée d’histoire militaire de Mons, évoque cette légende. Très connu en Grande Bretagne, cet épisode a fait l’objet de nombreuses études et polémiques.

Pour aller au chapitre suivant : stabilisation du front sur l'Yser.