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18 octobre 1912 – 10 août 1913 : les guerres balkaniques

Le 19e siècle signe le déclin de l’Empire ottoman. En même temps, on assiste à une montée des aspirations nationales dans les pays balkaniques. Mais, au début du 20e siècle, ceux-ci sont effrayés par l’agitation « Jeunes Turcs », ce mouvement qui vise à la fois la modernisation de l’Empire et le renforcement de la domination turque en son sein. Pour se défendre, la Serbie, la Bulgarie, la Grèce et le Monténégro se réunissent au sein de la Ligue balkanique. Le 18 octobre 1912, la Ligue déclare la guerre à la Turquie et remporte une série de victoires. Le 3 décembre 1912, l’Empire turc demande l’armistice. Les belligérants se réunissent à Londres. Mais, le 23 janvier 1913, les « Jeunes Turcs » prennent le pouvoir et refusent les conditions imposées par leurs adversaires. Les hostilités reprennent brièvement, à nouveau au détriment des Turcs. Avec la signature du traité de Londres, le 30 mai 1913, les Turcs abandonnent tous leurs territoires européens.
Or, l’alliance entre les vainqueurs cesse dès lors qu’il faut se partager les territoires conquis. Que faire de l’Albanie revendiquée à la fois par la Serbie et le Monténégro et protégée par l’Autriche pour empêcher la Serbie d’accéder à la mer ? Comment se partager la Macédoine dont chacun réclame une part ? Sans compter que la Roumanie veut aussi être récompensée d’être restée neutre. Le pays le plus mécontent est la Bulgarie qui avait supporté l’essentiel de l’effort de guerre contre les Turcs et qui se voit évincé de Macédoine par les Grecs et les Serbes.
C’est la raison du déclenchement d’une deuxième guerre balkanique. Dans la nuit du 29 au 30 juin 1913, la Bulgarie attaque les Serbes et les Grecs pour les faire reculer. Mais, ceux-ci sont rejoints par la Roumanie et la Turquie. La Bulgarie, épuisée par la première guerre balkanique, n’a plus les moyens de vaincre. Le 31 juillet 1913, elle demande l’armistice. Les négociations sont rapides : le 10 août, le traité de Bucarest est signé. L’Albanie devient un état indépendant, comme l’exigeaient l’Italie et l’Autriche. La Grèce reçoit la Macédoine maritime et l’Epire. La Roumanie s’empare du sud de la Dobroudja qui avait été conquis par les Bulgares. La Serbie reçoit la Macédoine du nord et du centre, ce qui inquiète fortement l’Autriche-Hongrie. Et la Bulgarie doit se contenter de la Thrace occidentale et rendre à la Turquie la Thrace orientale et Andrinople, ce qui la laisse particulièrement amère.