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Mention dans la catégorie insolite/originale secondaire

Square du souvenir, Ixelles
Johan Metzger
Mention dans la catégorie « Insolite/Originale » enseignement secondaire
Ecole Decroly, Bruxelles

Situé entre les deux étangs d’Ixelles, ce square relie la rue Vilain XIIII à l’avenue Guillaume Macau. Le square est occupé par le monument du souvenir ou monument des Ixellois morts au champ d’honneur, inauguré le 19.07.1926. Le monument est constitué d’une statue en bronze du sculpteur Charles Samuel (1862 – 1938) et de sculptures en pierre par Marcel Rau (1887 – 1966)

Cette photographie a été retenue pour le contraste existant entre l’avant- et l’arrière-plan et son asymétrie marquée ; ce n’est pas un montage mais la prise de vue très rapprochée d’un parterre de rosiers se trouvant devant le monument. Nous souhaitions mettre en évidence le symbolisme de la fleur ; cela nous fait songer à certaines photos de la contestation étudiante contre la guerre du Vietnam, à la fleur au fusil de la révolution portugaise mais encore davantage dans le contexte à « La fleur au fusil », titre d’un ouvrage de Jean Galtier et qui parle de la Première Guerre mondiale. Il y décrit entre autres ces soldats qui, en 1914, partaient à la guerre avec insouciance vers ce qu’on leur avait présenté comme une promenade de santé, persuadés qu’elle serait de courte durée et sans risques mais qui se sont très vite retrouvés face aux horreurs de la guerre. Cela fait aussi référence à la B.D. du même titre de Jacques Tardi et ses nombreuses autres créations ayant pour thème la Première Guerre mondiale.

Ce rouge vif nous rappelle aussi le coquelicot, symbole britannique du bain de sang de la guerre des tranchées et qui fut à l’origine du poème du colonel John McCrae « In Flanders’Fields » dont nous citons le début :

« In Flanders’fields the poppies blow
   Between the crosses, row on row,
   That mark our place ; and in the sky
   The larks, still bravely singing fly
   Scarce heard amidst the guns below. »

Enfin, ce rouge éclatant fait aussi songer à une explosion dévastatrice, une gerbe de sang éclaboussant la poitrine d’un jeune soldat.

« Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine
   Tranquille. Il a deux trous rouges au côté droit. »
(Arthur Rimbaud, Le dormeur du val, octobre 1870)