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Archives de la Ville et du CPAS de La Louvière

Réquisitions (arch.communales, La Louvière)

La Grande Guerre dans les communes belges... En dehors des régions de combats, peu de choses vraiment intéressantes ? De la micro-histoire qui n'intéresserait que les descendants des combattants dont les noms ornent les monuments aux morts ? Des sources disparates, peu classées et dont l'accès reste relativement confidentiel ? Des conclusions qui, une fois tirées, s'appliquent grosso modo à toutes les localités ? Dans l'absolu, saurait-on déjà tout sur la Der des Ders ? ... Il est bien loin le temps où cette imagerie d'Epinal était mise en exergue dans le monde des chercheurs amateurs et scientifiques. En effet, l'évolution des courants de recherche a mis au jour des pistes qui ont rapidement permis de redécouvrir - notamment dans son quotidien - la Première Guerre mondiale. Conscients des trésors qu'ils conservaient toujours dans leurs dépôts, les archivistes locaux ont rapidement mis le pied à l'étrier afin d'offrir des sources souvent riches et parfois insolites au monde de la recherche. Ces pistes sont encore aujourd'hui multiples et peuvent être retrouvées tant dans les communes qu'auprès de centres publics d'action sociale (CPAS).

Et La Louvière dans tout ça ? Elle entend certes les échos lointains de la bataille de Collarmont en août 1914... Mais elle ne connaît pas de combats sur son territoire. C'est la guerre certes... Mais, même si les conditions sont rudes, la vie continue. L'administration accomplit son travail et répond maintenant aux directives de l'occupant. On construit, on gère les finances, l'hôpital civil remplit ses fonctions, les écoles poursuivent leur oeuvre éducative, les revues dialectales égratignent discrètement l'occupant, la police traque les différentes sources de criminalité. Dans le même temps, à période exceptionnelle, tâches exceptionnelles. On met en place des magasins communaux, on s'active pour répondre aux multiples demandes de ravitaillement, on recense encore et toujours. A partir du mois de novembre 1916 et de leur départ vers les camps de répartition de Meschede, Wittenberg ou Soltau, on accorde tout son soutien aux hommes réquisitionnés pour le travail obligatoire. Après leurs ouvriers, ce sont leurs outils que les Louviérois voient partir : victimes du plan Rathenau, les usines Gustave Boël sont ainsi démantelées à partir de juillet 1917. Dans le même temps, on s'organise pour accueillir les centaines de réfugiés arrivant, souvent dans un grand dénuement, de Condé, Saint-Quentin, Roubaix ou encore Crespin. La fin du conflit venue, c'est alors sur les dommages de guerre, la chasse aux inciviques, les commémorations, les funérailles de militaires ou encore l'érection de monuments que l'on va se pencher. Chaque commune aura à coeur d'honorer la mémoire de leurs enfants victimes du conflit et La Louvière ne fait pas exception à la règle. Elle confie à Alfred Courtens le soin de façonner les figures du déporté exploité, du combattant héroïque et du résistant Omer Lefèvre qui trônent depuis 1923 dans le parc Warocqué.

Qu'ils soient typiquement louviérois ou reflets de la vie quotidienne « banale » d 'une commune sous l'occupation, ces épisodes de l'histoire de la Cité de la Louve sont illustrés - de manière plus ou moins complète - dans les archives de la Ville et du CPAS de La Louvière. Un ensemble constitué de fonds publics mais aussi de fonds privés récoltés à l'occasion d'appels au public en 1998.

La Grande Guerre à La Louvière ?... Une Histoire à (re)découvrir aux Archives de la Ville et du CPAS de La Louvière (125 rue de l'Hospice à 7110 Houdeng-Aimeries – 064/21.39.82 – archives(at)lalouviere.behttp://www.lalouviere.be/Front/c2-491/Introduction.aspx) !