Télécharger la brochure
|

11 novembre 1918 : l’armistice sur le front Ouest

L'armistice est le résultat d'un mois de négociations, entamées dès le 5 octobre 1918. Le nouveau chancelier Max de Bade, cousin du Kaiser, adresse alors au président Wilson une note lui demandant de "prendre en main le rétablissement de la paix". La situation, en effet, est dramatique : l’empire ottoman a signé un armistice avec les puissances de l’Entente dès le 30 octobre 1918 et l’Autriche-Hongrie, le 3 novembre. L’Allemagne est donc isolée et incapable de redresser militairement la situation. Ludendorff estime avec justesse qu'il faut demander au plus vite l'armistice afin d'éviter la capitulation de l'armée allemande, l'invasion du pays et une révolution comme en Russie.

Dans chaque pays, les opinions sont divisées sur la conduite à tenir : aux États-Unis, le secrétaire d’État Robert Lansing est partisan du rejet pur et simple de la demande d'armistice, tandis qu'une grande partie de la presse estime que le but de la guerre est d'écraser le "militarisme allemand". En Grande-Bretagne, la méfiance prévaut. En France, certains pensent que l'armistice ne peut précéder une invasion du territoire allemand.

Les Alliés engagent alors un débat sur les conditions de l'armistice. Tandis que les clauses militaires rencontrent un accord relativement facile, les discussions sur les clauses politiques sont beaucoup plus vives. Les 14 points énoncés par Wilson en janvier 1918 servent de base aux négociations de paix. Les Alliés en accepteront tous les principes généraux, même si les interprétations divergent sur bien des aspects. En effet, alors que le point 8 n'évoque que la "restauration des  régions envahies", Clemenceau obtient que l'on mentionne explicitement une "réparation des dommages", l'une des grandes questions des relations internationales dans les années 1920 et 1930. 

Durant la première semaine de novembre, la situation de l'Allemagne se détériore rapidement. Le 7 novembre, une commission d'armistice dirigée par un civil, Mathias Erzberger, secrétaire d’État issu du Zentrum (parti du centre), se présente devant les lignes françaises. Un grand drapeau blanc a été hissé à l'arrière de la voiture. Une trompette qui accompagne la délégation fait entendre de brefs appels. Après un voyage de plusieurs heures, les quatre parlementaires allemands sont conduits jusqu'à la clairière de Rethondes, en forêt de Compiègne, où les discussions commencent le 8 novembre au matin, dans le train du maréchal Foch. Les conditions d'armistice sont lues aux délégués allemands. En fait, les conditions exposées ne sont pas celles d’un armistice, mais bien d’une capitulation. Les Allemands sont atterrés.

Le 9 novembre, une fois la nouvelle de l'abdication de Guillaume II et du remplacement de Max de Bade par le socialiste Friedrich Ebert, les négociateurs sont invités à déclarer qu'ils sont bien les délégués du nouveau gouvernement allemand et que ce dernier exécutera les conditions de l'armistice.

Erzberger signe le 11 novembre à 5h15 du matin, sans arriver à obtenir la moindre atténuation de la part des Alliés. Les hostilités sont suspendues le 11 novembre 1918 à 11 heures du matin.