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9 novembre: l’abdication du Kaiser Guillaume II

Dès la fin octobre 1918, un mouvement révolutionnaire secoue un grand nombre de villes d’Allemagne du Nord. Le 4 novembre, la ville de Kiel est aux mains des révolutionnaires. Le 9 novembre, la révolution atteint Berlin. Les ouvriers entrent en grève, des centaines de milliers de manifestants affamés et en colère affluent vers le centre de la capitale, des tracts appellent au renversement de la monarchie et un peu partout des « conseils de soldats » sont créés.

Devant cette situation insurrectionnelle, le chancelier, Max de Bade, tente d'ultimes démarches afin de convaincre Guillaume II et le Kronprinz de confier le trône à un régent. En vain. Dans la matinée, le général Groener qui remplace depuis le 26 octobre Ludendorff à la tête de l’armée, interroge une quarantaine d'officiers: selon eux, l'armée refuserait d'agir contre la population allemande. Vers 11h30, le chancelier prend l'initiative d'annoncer l'abdication de Guillaume II et du Kronprinz.

Friedrich Ebert, Chef du SPD (Sozialdemokratische Partei Deutschlands), accompagné de plusieurs membres de son parti, gagne la chancellerie. Max de Bade lui transmet alors les fonctions de chancelier. Immédiatement, Ebert diffuse plusieurs proclamations promettant la formation d'un gouvernement populaire, la paix et la liberté, mais exigeant l'ordre et le calme. Au début de l'après-midi, Philipp Scheidemann, membre du SPD, fait un pas supplémentaire sans avertir Ebert : il en proclame, depuis une fenêtre du Reichstag, l’avènement de la République allemande. Il s’agissait pour lui de devancer Karl Liebknecht et sa volonté de proclamer une République socialiste (ce qu’il fit d’ailleurs deux heures plus tard).

Le lendemain à l'aube, Guillaume II fuit en Hollande où il restera jusqu’à sa mort en 1941.