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9 avril - 14 mai 1917: bataille d'Arras

Cette bataille représente l'une des principales offensives britanniques sur le front ouest, à l'échelle de la bataille de la Somme ou de la troisième bataille d'Ypres. A partir d'octobre 1914, la ville d'Arras fut la cible de l'artillerie allemande.

Le 16 novembre 1916, la conférence tenue à Chantilly entre les Alliés décidera des grandes opérations militaires de 1917. Arras, située en zone britannique, est alors désignée comme pouvant être la base de départ d'une offensive de diversion. Cette planification avait pour objectif d'attirer les troupes de réserve allemandes et faciliter ainsi la rupture des lignes ennemies en Champagne dans le secteur du Chemin des Dames.

Afin d'éviter les lourdes pertes subies durant la bataille de Verdun ainsi que celle de la Somme, l'état-major britannique élabore un plan innovant. Il est alors décidé de creuser un vaste réseau souterrain devant permettre aux troupes de surgir devant les premières lignes ennemies sans connaitre de pertes importantes en traversant le no man's land. A la veille de la bataille d'Arras, les caves et carrières peuvent accueillir plus de 24.000 hommes. Constitué de deux artères, le premier réseau revient aux Écossais de la 9e division d'infanterie et aux Anglais de la 35e division, tandis que le deuxième est attribué aux Néo-Zélandais. Outre ces innovations qui constituent le point le plus original de cette bataille, les Alliés préparent également des bombardements d’artillerie d'une intensité exceptionnelle.

Cette bataille voit également l'entrée de nouvelles armes comme le char d'assaut ou encore un tube propulseur capable de lancer des bonbonnes de gaz à longue distance.
Le 6 avril, le moral des assaillants est au beau fixe, avec l'annonce de l'entrée en guerre des États-Unis.

Le 9 avril, la 1ère armée britannique, constituée des quatre divisions canadiennes sous les ordres du général Horne, s'élance à l'assaut du plateau Vimy. La maîtrise de cette crête permettrait à la IIIe armée du général Allenby de progresser en direction de Douai et de libérer la région minière. Cette armée a également comme objectif le village de Monchy-le-Preux qui commande l'accès à la vallée de la Scarpe, et peut constituer une entrave pour une seconde branche de l'offensive, en direction de Cambrai, autre centre vital pour le système militaire allemand. La Ve armée du général Gough, quant à elle, placé au sud du dispositif, a pour mission de prendre le village de Bullecourt, point d'appui stratégique allemand important intégré dans la ligne Hindenburg. 

Les deux premiers jours de la bataille se traduisent par un succès britannique: ils s'emparent alors des villages de Thélus, Farbus, Saint-Laurent-Blangy, Feuchy, Athies, Fampoux, Tilloy-les-Mofflaines et Neuville-Vitasse. Grâce à la conquête de la crête de Vimy, l'artillerie anglaise parvient à dominer les villages de Givenchy-en-Gohelle, Vimy, Willerval et Bailleul-Sire-Bertoult. Le 11 avril, Monchy-le-Preux est investi après des combats sanglants. Le 12, Wancourt et Heninel tombent également aux mains des Alliés. Après s'être repliés sur leur 2e ligne de défense, les Allemands lancent, dès le 14 avril, de vigoureuses contre-attaques.

La bataille finira par s'enliser dans des combats locaux: à Arleux le 28  et 29 avril, Fresnoy le 3 et 4 mai, Roeux le 13  et 14 mai. Ces combats furent très meurtriers.
Le bilan est coûteux: 100.000 Britanniques mis hors de combat et un nombre équivalent du côté allemand. Cependant, ces combats permirent aux Alliés d'effectuer 20.000 prisonniers, saisir un important stock d'armes et permettre le recul de la zone de combat sur une profondeur d'une dizaine de mètre et le désenclavement de la ville d'Arras, soumise depuis octobre aux bombardements allemands.