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21 février - 19 décembre 1916: bataille de Verdun

Le 21 février 1916, le Kronprinz, qui commande la Ve armée, décide d'attaquer sur un front de 13 kilomètres. Durant les six premiers jours de l'offensive allemande, 2 millions d'obus de tous calibres sont tirés. Les Allemands jouissent également d'une supériorité aérienne grâce à leur aviation de chasse. Le 7e corps de réserve finira par s'emparer des deux premières lignes françaises, alors que le 18e et le 3e corps font face à une solide résistance. Le 22 février, les chasseurs à pied du lieutenant-colonel Driant sont anéantis au bois des Caures. Le 25 février, le fort de Douaumont est pris par les Allemands qui se retrouvent à 5 kilomètres de Verdun. Le lendemain, la direction de la bataille est confiée au général Pétain qui commande la IIe armée française. Il réorganise le secteur et ordonne le réarmement des forts. Du 27 février au 6 mars, 190.000 hommes et 23 tonnes de matériel sont acheminés par la route de Bar-le-Duc à Verdun. Cet artère vital du front sera surnommé bientôt la "Voie sacrée" par Maurice Barrès.

Très vite, cette bataille prend un enjeu symbolique important : la France menacée par l’Allemagne, mais défendue par la France. Le 1er mars, Poincaré se rend à Verdun et le 13 septembre, il remettra la Légion d'honneur à la ville.

A partir du 27 février, les Allemands sont ralentis. Le 6 mars, la deuxième offensive allemande est mise en marche. Leur objectif est le bois d'Avocourt, la crête du Mort-Homme, ainsi que la cote 304 et 265. Le 9 avril, après une violente attaque sur les deux rives de la Meuse, les Allemands s'emparent des pentes du Mort-Homme. Cependant, il leur faudra attendre le 23 mai avant de conquérir le sommet.

Pendant les mois de mai et de juin, les combats prennent peu à peu la forme d'une guerre d'usure. Pour les combattants, un seul mot caractérise leur expérience à Verdun: l'"enfer". Les positions disparaissent et les assauts se dissolvent en une multiplicité d'actions restreintes, mais très violentes.

Le dernier acte de la bataille débute en juin. La ligne des observatoires de la rive gauche est occupée par les Allemands et la tentative de Mangin pour reprendre Douaumont échoue. Le 7 juin, le fort de Vaux capitule. Le 23 juin, les ruines du village de Fleury et l'ouvrage de Thiaumont sont conquis. Le 11 juillet, Falkenhayn lance l'offensive de la dernière chance. Elle est bloquée par le fort de Souville. A ce moment, les Allemands perdent l'initiative. Le 23 octobre, ils évacuent Douaumont qui est repris le lendemain, faisant 6.000 prisonniers allemands. Le 2 novembre, le fort de Vaux est également évacué par les Allemands. A la mi-décembre, les troupes allemandes se replient sur leurs positions de départ.

Au terme de trois cents jours de combats, on comptabilisera 162.000 morts français et 143.000 allemands.

Dans ses « mémoires » rédigées en 1920, Falkenhayn affirme qu’à la Noël 1915 il aurait remis un memorandum au Kaiser expliquant le but d’une grande offensive sur Verdun : saigner à blanc l’armée française. Or, ce « memorandum de Noël » n’existe pas et les raisons de l’offensive étaient autres. En réalité, la place forte de Verdun était un danger pour l’armée allemande et la préparation de l’offensive était aisée, puisque la place de Metz, située à quelques kilomètres de Verdun, pouvait servir de centre logistique.