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Février 1915: création de La Libre Belgique, journal clandestin

Avant 1914, la famille Jourdain était à la tête d'un important groupe de presse catholique dont le journal « Le Patriote » était le fleuron. Avec l’invasion de la Belgique en août 1914, tout s'arrêta. Cependant, en 1915, Victor Jourdain - avec l’aide de fidèles collaborateurs tels que Eugène Van Dooren et d’autres - décide de publier un journal clandestin, afin de s'opposer au journal lancé par l’Occupant "La Belgique" et de remonter le moral des Belges occupés : c’est la naissance de "La Libre Belgique".

Au départ, le journal était presque entièrement rédigé par Victor Jourdain. Pour ne pas être repéré, un dispositif complexe fut mis en place. Les textes étaient cachés dans des tuyaux de radiateurs ou insérés dans des trous forés dans les portes de l'immeuble du "Patriote", appelé Konspiratur, en opposition à la Kommandantur de l'occupant. Des vendeurs à la sauvette, souvent liés au réseau catholique, se portaient volontaires pour la distribution discrète du journal dans tout le pays, travail qui s'avérait dangereux. C’est tout particulièrement le public francophone et urbain qui fut ciblé.

Du côté néerlandophone, un autre journal clandestin vit le jour : « De Vlaamsche Leeuw ».

Il n’en reste pas mois que « La Libre Belgique », qui comptera 173 numéros édités de 1915 à 1918 et qui tirera jusqu'à 20.000 exemplaires, est le journal clandestin le plus important de la Première Guerre mondiale. Sa popularité pendant l’occupation en fera un journal pérenne : au lendemain de l’armistice, avec le soutien du cardinal Mercier, « Le Patriote » se transforme définitivement en « Libre Belgique ».