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17 novembre 1914: stabilisation du front

Le 17 novembre 1914, la "course à la mer" s'arrête. Sur près de 680 kilomètres, le front ouest s'est stabilisé de la mer du nord à la frontière suisse. Partant de Nieuport et passant à travers les Flandres, la Picardie et l'Artois, il s'incline ensuite en Champagne vers l'est puis, en Lorraine, suit la frontière allemande jusqu'à la Suisse. Jusqu'à l'offensive allemande de 1918, le front restera quasiment stable, à l'exception du retrait allemand de 1917 qui libère l'est de la Somme et le nord-est de l'Oise.


Après l’inondation de la plaine de l’Yser et la stabilisation du front, durant toute la guerre, l’armée belge tiendra le secteur qui s’étend de Nieuport à Dixmude. Le reste du front belge est tenu essentiellement par les troupes du Commonwealth. A la fin 1914,les Allemands gardent encore une implantation sur la rive gauche de l’Yser en occupant les citernes à pétrole situées en aval.

Les Belges, en position derrière les tranchées reliant la ligne de chemin de fer Nieuport-Dixmude à l’Yser, tentent de réoccuper les tanks à pétrole pour sécuriser leurs positions. Ils creusent à partir de mai 1915 une tranchée dans la digue de la rive gauche de l’Yser, les Allemands ne tardant pas à faire de même dans l’autre direction. Les travaux  de construction et de réparation des dégâts causés par les combats s’effectuent de nuit. Les postes avancés des deux camps ne sont finalement distants que d’une cinquantaine de mètres l’un de l’autre. Les soldats belges des différentes unités qui se sont succédé dans ce lieu le plus dangereux du front baptiseront la position « Boyau de la Mort ».

Belges et Allemands renforcent sans cesse leurs dispositifs de défense dans cet endroit névralgique où une percée décisive pourrait être tentée. En octobre 1915, le génie belge fait sauter la digue de l’Yser en tête de position pour empêcher toute tentative de cette nature. Mais cela n’arrête pas les travaux de renforcement et de développement des défenses. La position belge sera dédoublée avec une tranchée de combat le long de l’Yser et une tranchée de support immédiatement à l’arrière. On édifiera des parapets avec des sacs de jute remplis de sable car la nature du sol empêche de creuser des tranchées à grande profondeur. En tête de sape, la « Souricière » avec ses postes d’observation et de tir doit empêcher toute attaque par surprise. En 1916, on construit la « Redoute du Cavalier », une puissante position fortifiée à l’entrée du Boyau.