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19 septembre-17 novembre 1914: la "course à la mer" (Picardie, Artois, Flandres)

Après la défaite de l'armée allemande sur la Marne et son repli sur l'Aisnes, les Allemands et les Franco-Britanniques s'affronteront dans les plaines du nord de la France. Ces deux belligérants ont pour objectif de prendre à revers l'aile de l'armée adverse située le plus au nord afin de réaliser une manœuvre d'encerclement. Il en résulte une série de mouvements qui remontent progressivement vers la frontière belge et les rivages de la mer du Nord. Dans cette phase de près de deux mois, les Allemands auront presque toujours l'initiative.

Entre le 20 et le 30 septembre, c'est en Picardie que se déroule la première phase de la "course à la mer", marqués par des combats indécis. Ensuite, Falkenhayn ordonnera à la VIe armée d'attaquer, plus au nord, en Artois. Le 4 octobre, Joffre confie à Foch la conduite des opérations. Espérant reprendre l'offensive, il sécurise la ligne alliée de l'Oise au nord d'Amiens. Cependant, les Allemands se reportent vers les Flandres et la région entre la Lys et la mer. Le 8 octobre, Falkenhayn y transfère la IVe armée. Celle-ci sera complétée par quatre nouveaux corps de réserve dans lesquels se trouvent les étudiants et les élèves des écoles ayant volontairement anticipé l'appel.

Le 9 octobre, la place d'Anvers tombe, obligeant l'armée belge à battre en retraite. Cependant, elle est bien décidée à disputer âprement la dernière parcelle du territoire belge. Le 15 octobre, le roi Albert ordonne à son armée de ne plus reculer. Il faut, comme les Alliés le lui ont demandé, défendre coûte que coûte la ligne de l'Yser. Le 24 octobre, cette dernière est pourtant franchie par les troupes allemandes entre Nieuport et Dixmude. La bataille est d'une grande violence. Le 27 octobre, les écluses de Nieuport sont ouvertes à marée haute. La rive gauche de l'Yser entre le fleuve et la ligne de chemin de fer est complètement inondée. Le 31 octobre, les forces allemandes sont contraintes de se replier.


Dans le secteur d'Ypres, Foch opte pour une percée. Les forces françaises et britanniques attaquent sur un front de 50 kilomètres qui s'avance en saillant vers l'est. L'offensive sera bloquée cinq jours plus tard. Le 30 octobre, les Allemands menacent l'accès sud-est d'Ypres. Le 5 novembre, la percée ayant échouée, Falkenhayn prend l'initiative d'attaquer les charnières nord et sud du saillant. Le 10 novembre, l'offensive reprend dans le secteur Langemarck-Dixmude. Le 11, les Allemands progressent et s'emparent de Dixmude. Cependant, les britanniques refoulent les principaux assauts allemands le même jour. Le 12 novembre, les premières neiges annoncent la fin de la campagne. Cette première bataille d'Ypres est un succès pour les Alliés. Cependant, son coût est terrible. Les deux camps commencent alors à creuser des tranchées qui s'étaleront de la mer du nord à la Suisse. La guerre de position a débuté.