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20 août - 10 octobre 1914: la ceinture fortifiée d'Anvers (le "Réduit national")

Anvers devait servir de refuge ultime au gouvernement et à l’armée en cas d’invasion ennemie et d’occupation du territoire, en attendant l’intervention des puissances garantes pour repousser l’adversaire et assurer l’indépendance du pays. Pour permettre à la ville de tenir ce rôle, une première ceinture de huit forts est bâtie entre 1859 et 1864 sur les plans du futur Lieutenant-Général Brialmont, responsable également des défenses de Liège et Namur.

Bien que modernisée à la fin du 19e siècle, cette enceinte initiale apparaît comme insuffisante et, en 1906, le gouvernement belge décide de la construction d’un ensemble de onze nouveaux forts, éloignés en moyenne de 9 km du centre-ville. Edifiés entre 1909 et 1913, ils souffrent des mêmes défauts que ceux de Liège et Namur: résistance insuffisante aux projectiles des canons les plus lourds et portée limitée des pièces d’artillerie dont ils sont dotés.


Après la chute de Liège, l’armée belge concentre ses efforts sur la défense de Namur et de la Gette, cette position devant permettre de garantir un repli progressif sur Anvers. La pression allemande toutefois brise aussi bien la défense de Namur que la résistance sur la Gette. A partir du 20 août, le roi Albert qui est déjà à Anvers avec sa famille et le Gouvernement, ordonne à son armée de se retirer dans le « réduit national », considéré comme imprenable. L’armée y bénéficie d’un répit de courte durée, le gros de l’armée allemande étant engagée dans les opérations contre les Français et les Britanniques, et en profite pour tenter trois sorties destinées à soulager la pression pesant sur ces derniers.

Le coup d’arrêt de la bataille de la Marne modifie la donne, les Allemands pouvant reporter une partie de leurs forces pour s’attaquer aux défenses de la position belge. L’assaut débute le 28 septembre. Comme ce fut le cas à Liège et Namur, l’armée allemande fait usage de son artillerie de gros calibre pour réduire la résistance des forts avant de tenter de percer les défenses belges. Les dégâts sont considérables, notamment aux forts de Waelhem et de Wavre Sainte-Catherine. La situation se dégrade rapidement et, pour éviter l’encerclement, l’armée belge évacue in extremis le réduit national à partir du 6 octobre, pour faire retraite en direction d’Ostende, puis du Westhoek. Le 9 octobre, la ville d’Anvers se rend et le 10 octobre les Allemands investissent la métropole.