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5-16 août 1914: La défense de Liège

La position  fortifiée de Liège (PFL) compte 12 forts (6 grands et 6  petits), construit par Brialmont entre 1888 et 1891, formant  une ligne de défense éloignée de 7 à 9 kilomètres du  centre de la  ville. La PFL, défendue par la 3e Division d’Armée, sous les ordres du Lieutenant-Général Leman (1851-1920), est attaquée le 5 août par des forces allemandes supérieures en effectifs et en armement. Une première attaque de l’infanterie allemande contre le fort de Barchon est repoussée : l’artillerie lourde se voit alors confier la tâche de réduire les forts au silence tandis que les troupes allemandes tentent de s’infiltrer dans les intervalles entre les forts. Le 6 août, elles parviennent à Jupille d’où elles bombardent la ville qui tombe le lendemain.

La résistance belge retardant l’exécution de leur plan, les Allemands  décident de faire usage de leurs pièces d’artillerie  les plus lourdes: deux obusiers de 420 mm connus sous le nom de « Grosse Bertha » dont les  projectiles pèsent 796 kg chacun. Le fort de Pontisse subit le premier  les tirs de ces pièces les 12 et 13 août pendant que d’autres forts  sont bombardés par l’artillerie «classique».

Le 15,  c’est le tour du  fort de Loncin qui contrôle la route et la voie de  chemin de fer en  direction de Bruxelles et dont les canons de trop  faible portée ne  peuvent riposter. À 17h20, le 25e projectile tiré par  les Grosses  Bertha perce le béton à l’endroit de la poudrière gauche du  fort,  provoque l’explosion de la poudre entreposée, dévastant la fortification et ensevelissant une partie importante de la garnison. Hollogne, le dernier fort, se rend le matin du 16 août.

Si les combats autour des forts de Liège n’ont eu qu’un impact limité sur le plan stratégique, en revanche leur résistance jouera un rôle important dans l’opinion publique tant au plan national qu’au plan international. En  Belgique comme à l’étranger, la « Galant little Belgium » fait figure de David  tenant tête à Goliath. La ville de Liège reçoit la légion  d’honneur dès le 7 août. Plus anecdotique, les cafetiers parisiens  habitués à servir le café viennois  – ce dessert froid à base de café  sucré, de crème glacée au café et de  chantilly – décident de rebaptiser  la préparation en « café liégeois » en hommage à la résistance de la ville  et de ses forts !