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Vie au front

Distribution de journaux dans les tranchées belges (collection du Musée royal de l'Armée)

Au front, les rats et les poux accompagnent les misères quotidiennes des soldats. Les maladies guettent autant que la mort par balle. Les conditions de vie sont terriblement éprouvantes pour les soldats. L’ennui et le cafard règnent dans les tranchées et à l’arrière du front. L’inactivité pèse sur les hommes, dont le moral ne cesse de fluctuer tant la guerre se prolonge. En outre, l’occupation allemande interdit toute correspondance entre les soldats et leurs familles. Face à la recrudescence du courrier clandestin, les Allemands installent en 1915 un fil électrique entre la frontière belge et hollandaise. Pareille séparation isole complètement le Royaume occupé du reste  de l’Europe. Beaucoup de soldats sont donc sans nouvelles de leur famille pendant des mois voire des années. Seuls quelques-uns obtiennent de précieuses informations sur la vie en pays occupé grâce à des réseaux de correspondance clandestine ou par l’entremise d’œuvres caritatives. Combiné aux conditions de vie extrêmes, ce manque de nouvelles pèse lourdement sur le moral de la troupe.

Par ailleurs, les tranchées deviennent le terrain de revendications flamandes. De nombreux Flamands espéraient en effet une amélioration de la situation linguistique en Belgique. Des revendications comme la flamandisation de l’université de Gand, souvent appuyées par des aumôniers ou des intellectuels, aboutissent à la création du mouvement « frontiste », composé de soldats flamands. Certaines frustrations contribuent à envenimer la situation. De fait, le français constitue la langue parlée par le corps des officiers et la connaissance de la langue de Molière reste un passage obligé pour toute promotion. Face à cette situation, les autorités belges ne veulent pas entendre parler de la question linguistique au cours du conflit. Ainsi, le gouvernement refuse de promettre publiquement une flamandisation de l’université de Gand en 1916. Suite à diverses actions, le mouvement est interdit en 1917. Il continuera par la suite à opérer dans la clandestinité.
 
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