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Les cantons de l'Est dans la Grande Guerre

En effet, ces territoires faisaient partie du royaume de Prusse depuis le Congrès de Vienne de 1815. Le canton de Malmédy (actuellement composé des communes de Malmedy et de Waimes), de culture wallonne, avait subi une germanisation forcée à partir des années 1870 dans le cadre du Kulturkampf mené par le chancelier prussien Otto von Bismark, ce qui suscita une réaction au sein de l’élite et du clergé local, d’abord de type culturelle (abbé Pietkin à Sourbrodt , Club wallon à Malmedy, ...), en vue de la défense de la langue romane, puis politique (abbé Bastin à Faymonville) en vue du rattachement à la Belgique.

En 1914, c’est donc sous l’uniforme du pays qui les gouvernait, c’est-à-dire l’Allemagne, que les jeunes hommes de la région durent combattre. Aucun soldat prussien originaire des actuels cantons de l’Est n’a participé aux exactions commises en Belgique par les envahisseurs allemands. Les quelques 3.000 hommes originaires des Cantons de l’Est enrôlés dans l’armée impériale ont combattu sur les fronts français, italien, russe. Le commandement militaire allemand voulait éviter tout risque de fraternisation entre les populations frontalières envahies et des soldats d'origine rhénane. Ce n’est qu’au lendemain de la Grande Guerre que les Cantons de l’Est furent rattachés à la Belgique à titre de compensation.

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